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    FOULQUES
    Participant

    Merci à fridu d’avoir glissé un petit mot. Maintenant que pierrepaul et toi avez trouvé le chemin, on attend les autres.

    Dès qu’on sera au complet, il faudra qu’on choisisse, élise, impose, négocie, décrète … trouve un lieutenant ou une lieutenante (si ça se dit)

    En attendant, un peu de culture ….

     

    Une revanche de Waterloo ou Une partie d’Échecs (extrait)

    Le champ clos a croisé soixante-quatre cases ;

    Aux deux extrémités, les tours posent leurs bases,
    Ces formidables tours, ces tours qu’un doigt savant
    Comme aux sièges romains fait rouler en avant :
    Sur des chevaux sans mors des cavaliers fidèles,
    Lestes et menaçants, se placent auprès d’elles ;
    À franchir deux carrés ils bornent leurs élans,
    Et tombent, de côté, sur les noirs ou les blancs.
    Ces pièces vont ainsi ; l’amitié les a jointes
    Aux fous, sages guerriers qui partout font des pointes.
    Puis la dame se place et garde sa couleur ;
    Nul combattant du jeu ne l’égale en valeur :
    Elle vole d’un bond de l’une à l’autre zone ;
    C’est Camille au pied leste, invincible amazone ;
    Elle veille, et défend les pièces d’alentour,
    Par la force du fou, réunie à la tour.
    Près d’elle le roi siège ; hélas ! il garde un trône
    Que mine le complot, que l’astuce environne ;
    Ce monarque, toujours menacé du trépas,
    Pour tromper l’ennemi ne peut faire qu’un pas ;
    Toutefois, quand sa force est enfin abattue,
    Par respect pour son nom, personne ne le tue ;
    Il est échec et mat ; son dernier jour a lui,
    Et tous ses serviteurs sont morts auprès de lui.
    Huit modestes pions, soldats de même taille,
    Gardent l’état-major sur un front de bataille ;
    Un pas leur est permis ; un ou deux, jamais trois ;
    Troupe vile immolée aux caprices des rois :
    Ils ne prennent qu’en pointe ; et pourtant il arrive
    Qu’un d’eux, soldat heureux, aborde l’autre rive ;
    Alors il se grandit ; ce soldat parvenu
    Des dépouilles d’un chef habille son corps nu :
    Il se métamorphose en tour ; il devient reine ;
    Il choisit dans les morts, étendus sur l’arène ,
    Un chef de sa couleur, par sa force cité,
    L’heureux pion le touche, il l’a ressuscité.
    Joseph MÉRY Poème dédié à Mme la Princesse Belgiojoso

    (PARIS, club des Panoramas, 1836)